Comprendre le tourisme social et solidaire : principes et acteurs

Groupe de randonneurs sur un chemin de collines, illustration du tourisme social et solidaire

Le tourisme social et solidaire est souvent cité, rarement expliqué. Derrière cette expression se trouve pourtant une conviction simple : les vacances et les loisirs ne sont pas un luxe réservé à quelques-uns, mais un droit qui contribue à l’équilibre des personnes et des familles. Pour les professionnels qui travaillent dans ce secteur ou qui souhaitent le rejoindre, comprendre ses principes et son organisation est un préalable utile. Voici les repères essentiels.

Une définition fondée sur des valeurs

Le tourisme social et solidaire (TSS) regroupe des organismes, le plus souvent à but non lucratif, qui proposent des séjours, des hébergements et des activités de loisirs en plaçant l’accès du plus grand nombre au cœur de leur projet. Associations, mutuelles, coopératives ou fondations : ces structures relèvent de l’économie sociale et solidaire (ESS) et appliquent ses principes de gouvernance démocratique et de lucrativité limitée.

Concrètement, cela se traduit par des choix précis : une politique tarifaire pensée pour les familles et les groupes, des séjours conçus pour mêler les publics, une attention portée à l’accueil des personnes en situation de handicap, et des excédents réinvestis dans le projet plutôt que distribués. Le prix reste un levier important, mais il n’est pas le seul : la qualité de l’accueil, l’éducation populaire et le lien avec le territoire comptent tout autant.

Des acteurs variés, un même engagement

Le secteur est plus divers qu’on ne l’imagine. On y trouve des villages de vacances, des centres de vacances pour enfants, des auberges de jeunesse, des centres internationaux de séjour, des gîtes de groupe, des campings associatifs et des organisateurs de séjours ou de classes de découvertes. Certains accueillent des familles, d’autres des accueils collectifs de mineurs (ACM), des scolaires, des sportifs ou des seniors ; beaucoup combinent plusieurs publics au fil de l’année.

Ce qui les réunit n’est pas un type d’équipement mais une manière de faire : un projet éducatif ou social affirmé, une ouverture à tous les publics et un ancrage dans la vie locale. En Bourgogne-Franche-Comté, ces établissements sont installés aussi bien dans les villages du Jura et du Morvan que près des lacs, des canaux ou des vignobles, et ils participent à l’économie des territoires ruraux, souvent toute l’année.

À qui s’adresse le tourisme social et solidaire ?

À tout le monde, et c’est précisément son objectif. Les familles y trouvent des séjours à un coût maîtrisé et des formules adaptées aux enfants. Les écoles et les organisateurs de séjours y trouvent des hébergements habitués aux groupes et aux exigences de l’encadrement : pour un projet de classe de découverte, notre page séjours scolaires en Bourgogne-Franche-Comté vous permet de recevoir gratuitement des propositions. Les seniors, les associations, les clubs sportifs et les comités sociaux et économiques y trouvent des partenaires qui savent organiser des séjours collectifs.

Le secteur travaille aussi avec les dispositifs publics et sociaux qui facilitent le départ en vacances : chèques-vacances de l’Agence nationale pour les chèques-vacances (ANCV), aides des caisses d’allocations familiales (CAF) ou programmes d’aide au premier départ. Les conditions de ces dispositifs évoluent régulièrement ; les organismes concernés restent les seuls interlocuteurs pour connaître les règles en vigueur.

Les enjeux d’aujourd’hui pour les professionnels

Le tourisme social et solidaire fait face aux mêmes défis que le reste du tourisme, avec des moyens souvent plus contraints. Plusieurs sujets reviennent dans les échanges entre professionnels du réseau :

  • Le patrimoine bâti : beaucoup d’établissements ont été construits il y a plusieurs décennies et doivent être rénovés, en particulier sur le plan énergétique et sur celui de l’accessibilité.
  • L’emploi et les compétences : recruter et fidéliser des équipes d’animation, de cuisine, d’entretien et de direction, dans des métiers exigeants et souvent saisonniers.
  • La transition écologique : réduire l’empreinte des séjours, s’engager dans des démarches de labellisation et encourager les mobilités douces.
  • La visibilité : faire connaître une offre de qualité à des publics qui ne la connaissent pas toujours, face à des plateformes commerciales très présentes.

Ces enjeux dépassent les capacités d’une structure isolée. C’est là que le travail en réseau prend tout son sens.

Le rôle d’un réseau régional comme l’UNAT BFC

L’Union nationale des associations de tourisme et de plein air (UNAT) fédère les acteurs du tourisme social et solidaire en France ; l’UNAT Bourgogne-Franche-Comté en est la déclinaison régionale. Notre rôle n’est pas d’accueillir des vacanciers : ce sont nos adhérents qui le font. Le réseau représente le secteur auprès des pouvoirs publics, informe ses membres sur la réglementation et les dispositifs, organise des rencontres et des formations, et accompagne les porteurs de projets.

Pour découvrir ce que recouvre concrètement cet accompagnement, vous pouvez consulter la page Ce que vous apporte vraiment l’UNAT BFC, ainsi que la présentation de notre réseau national. Les établissements adhérents de la région sont réunis dans l’annuaire Tous les établissements.

Rejoindre un mouvement utile

Comprendre le tourisme social et solidaire, c’est comprendre qu’une économie au service des personnes et des territoires existe déjà, et qu’elle a besoin de professionnels engagés pour continuer à se développer. Que vous dirigiez un hébergement collectif, que vous organisiez des séjours ou que vous portiez un projet en Bourgogne-Franche-Comté, le réseau est là pour vous aider à le faire grandir. Pour en savoir plus sur les conditions et les avantages, rendez-vous sur la page Adhérer à l’UNAT BFC.